samedi 5 novembre 2016

Aspern-Esslling 1809 le retour, 7 ans après !

Reconstitution de la Bataille d'Aspern-Esslling 21-22 mai 1809 :



Bataille jouée en une journée avec la règle Blücher (blublu pour les intimes) par 6 joueurs (3vs3).

Ma dernière reconstitution de cette bataille remonte à un monster game avec la règle Grande Armée de S. Mustapha) chez les IPO lors de la convention Petites Guerres en 2009.

Lichtentstein & Charles échangeant juste avant l'assaut des Grenadiers *
La partie se déroulait sur 2 jours avec plus de 10 joueurs, les commandants en chef (en aveugles sur des cartes indépendantes) ne faisant qu'envoyer les ordres à partir des informations des chefs de corps. Le tout sans avoir le droit d'approcher de la table de jeu mais en ayant le droit de regarder de loin avec des jumelles !

J'y jouais Hiller, un général autrichien affecté à la prise (réussie) d'Aspern avec sa landwehr. Un très grand souvenir ludique qui se compléta, avec Clichy 2009, par la Bataille de Wagram avec les effectifs perdus lors d'Aspern-Esslling à "Petites Guerres". Ce WE là je jouais le rôle de Lichtenstein  à la tête des grenadiers autrichiens (c'est de la belle promotion coco).

Bref, pour cette nouvelle reconstitution en compagnie d'autres membres du F.E.S.S.E. (scénario & tous les détails à venir un jour peut-être sur Napocalypse Now) on m’attribua le rôle ô combien stimulant de Napoléon.
Pour l'affaire on me flanqua d'un Maréchal Lannes très expérimenté et d'un tout jeune, mais plein de fougue, Maréchal Massena.

le jeune Massena posant fièrement sous mon portrait



Penchons nous donc sur la vie (l'avis) du camp français lors de cette mémorable bataille.

Objectif de la bataille :

Installer une tête de pont solide et définitive de l'autre coté du fleuve comprenant les villages d'Aspern & Esslling.

Contraintes françaises pour la bataille :

- Troupes disponibles moins nombreuses que celles de l'adversaire,
- Très peu d'artillerie contrairement aux autrichiens
- Arrivée progressive des renforts sur deux jours
- Armée adossée au fleuve, toute retraite précipitée ou recul important devenant impossible
- 2 ponts (l'un descendant pour évacuer les troupes fatiguées, les blessés, l'autre montant pour l'arrivée des renforts) à défendre et maintenir en état quoi qu'il arrive si l'on ne veut pas finir par une reddition humiliante comme à Ulm pour les autrichiens.
Peu de points de commandement (particulièrement le 21 mai) limitant les possibilités de contrarier les attaquants en les détournant de leur objectif.

Un plan c'est bien, un plan qui se déroule sans accros c'est mieux !
Après consultation de mes Maréchaux (faut toujours faire croire aux subalternes qu'ils ont voix au chapitre), notre plan s’articula finalement ainsi :
- Prise et consolidation des villages d'Aspern & Essling respectivement par Lannes et Massena
- garder les 2 ponts ouverts jusqu'à la nuit du 21 mai
- ralentir l'avancée et le déploiement des troupes autrichiennes si possible (cavalerie légère)
- le petit tondu se chargeant personnel de la défense des ponts (seul chemin de retraite et d'arrivée des renforts) et de l'affectation des renforts en fonction des demandes et besoins de ses Maréchaux.
- la première ligne du centre ne doit pas s'engager, juste contester le terrain (les renforts doivent bloquer un avance trop forte au centre
- Le 22 mai, utilisation de la réserve de la cavalerie lourde (ou ce qu'il en reste) pour une attaque des réserves de cavalerie et d'artillerie des autrichiens par un mouvement tournant sur l'aile droite afin de les désorganiser et ralentir.

- Le but est de tout faire pour que les autrichiens se concentrent sur les 2 villages à prendre. Et non pas qu'ils fassent une puissante attaque générale sur toute la ligne de front trop rapidement en exploitant leur surnombre et mettant en danger notre ligne de repli si les choses venaient à mal tourner.

Et maintenant, place au choc des photos !


Charles du haut de sa colline observe le déploiement français et prépare son assaut

Malheureusement ces fourbes d'autrichiens ont décidé de détruire nos ponts à l'aide de troncs d'arbres jetés dans le fleuve ce qui obligea le petit tondu d’investir beaucoup de points de commandement dans la réparation des ponts synonyme de survie de l'armée.
Napo dirigeant les réparations des ponts et observant l'arrivée au loin de l'avant garde autrichienne


La brigade de cavalerie légère devant Essling
Comme à blublu (vous savez, "Blücher" pour les intimes) les mouvements stratégiques sont très rapides nous avons lancé sous la direction de Masséna une brigade de cavalerie légère par le flanc droit pour éclairer et ralentir les manœuvres autrichiennes afin de les obliger à déployer le plus tôt possible leurs brigades.
Pendant ce temps notre Maréchal Massena peut tranquillement prendre position dans le village et sécuriser sa position.





 
Bien commandés, les autrichiens ont de suite, avec un certain succès, mis la pression sur les troupes de Lannes pour lui contester Aspern.
Aspern, le centre de toutes les attentions



















Aspern sous le feu n'est même pas encore entièrement occupée !
 Rapprochons nous pour sentir le souffle des boulets, car oui, l'armée autrichienne est équipée d'un artillerie pléthorique qui déjà s’exprime avec succès ! Lannes doit déjà faire des choix difficiles pour sécuriser son flanc contesté.










Lannes, un pied et 1/2 dans la place !
 

Pour Lannes les affaires ne vont pas si bien, il doit payer de sa personne,
le village est contesté et des renforts lui sont affectés.

Par sécurité même la moyenne garde est dirigée dans le secteur mais sans s'engager.
Une partie d'Aspern tombe aux mains des autrichiens qui n'hésitent pas à engager leur général !


l'insolence autrichienne est flagrante, les tirs d'artillerie redoublent et les ponts sont proches de la rupture.



Répit de courte durée car la très nombreuse artillerie autrichienne est déployée de manière à cracher un déluge de feu sur les troupes retranchées de Massena.


Au centre l'écran de cavalerie est révélé par l'avance autrichienne qui commence à bombarder Esslling alors que la brigade légère arrive à retraiter en bon ordre sur le flanc droit.
Masséna tient Esslling mais souffre du bombardement ravageur

 
Honteusement efficaces, les batteries autrichiennes étaient à ne pas douter dirigées par un général russe détaché auprès de Charles.
Napo garde son rideau au centre face à un timide autrichien qu'il ne faut pas trop provoquer
Point de vue autrichien et batteries à l'oeuvre
Le centre autrichien qui ne passe pas le ruisseau

Mais les premières troupes françaises exténuées doivent même repasser les ponts et rejoindre l'île Lobeau.
Premières pertes religieusement retirées par les mains délicates de Lannes

La pression sur Aspern est tellement forte que le Maréchal Lannes doit même s'engager personnellement pour soutenir les troupes... et ce qui devait arriver, arriva.
En pleine gloire le Maréchal est fauché !

Fauché comme les blés, Lannes tombe à la tête de ses troupes !

L'Empereur, bibi quoi, au chevet de son brave Maréchal Lannes
Ironie de l'histoire, c'est à cette bataille en 1809 que le Maréchal fut mortellement blessé (il décédera plus tard) mais comble de l'histoire, lors de la reconstitution du bicentenaire chez les IPO en 2009 il fut également tué tout comme lors de notre reconstitution !









Premières incursions autrichiennes sur le centre mais trop tardivement le 21 mai au soir.












  La nuit tombe enfin pour laisser du répit aux troupes françaises
Les armées s'éloignent l'une de l'autre pour la nuit

 Cette journée du 21 se termine donc de manière peu réjouissante pour l'armée française.
Les ponts on tenus (mais le pont descendant est sur le point de rompre),
 les villages sont majoritairement sous contrôle français mais contestés par les autrichiens,
les troupes sont fatiguées,
Lannes est mort en pleine gloire et les autrichiens non même pas encore engagés toutes leurs troupes !
Si une glorieuse victoire le 22 s'annonce encore possible elle semble déjà bien hypothétique.
Stratégiquement le plan pour le 21 mai a correctement fonctionné mais les défaites tactiques et particulièrement celles des troupes du Maréchal Lannes qui y laissa lui même sa vie son préoccupantes. Aspern n'est plus le bastion inexpugnable qu'il devrait être en cette fin de journée.
A la décharge de notre Maréchal Lannes il faut bien admettre qu'il avait la place à gauche de l'Empereur, dite place de la loose.
Dés types de la place de la loose (plus personne veut jouer à cette place, si si)


La journée du 22 mai s'annonce donc décisive et seul un coup d'éclat pourra encore inverser l'inexorable repli ou pire, destruction, des Aigles français.

A suivre ici...

* Photo trouvée sur le site du blog de thierry.

vendredi 7 octobre 2016

Tercios, ou Calif Benogoud s'en va-t-en guerre

Tercios, c'est la règle que nous avons le plus joué en 2016 au club F&S.

Parfaitement adaptée aux parties de club du vendredi soir pour du 1vs1 ou du 2vs2, Tercios permet de jouer des Nations et des troupes variées avec une prise en main rapide et agréable.

Vous allez pouvoir suivre les velléités de grandeur du pas-encore-Calif-Benogoud face à un détachement de troupes françaises.


Et si ce n'est pas la plus passionnante partie que nous avons joué à Tercios, elle est néanmoins intéressante par son effet de surprise. En effet, c'était la première fois que le Marquis d'Appenzell, à la tête d'un détachement de troupes françaises, allait affronter les mythiques cavaliers et janissaires Ottomans.



Affronter des troupes dont on ne connait pas les véritables forces et faiblesses ni même les uniformes vous plonge dans les affres du commandement tout comme pouvait le vivre un jeune noble pistonné se retrouvant sur le front en présence de troupes ennemies asymétriques !
La rencontre, quelque part au nord des Balkans sur une route oubliée des cartes, le détachement français doit faire acte d'arrière garde face à l'avancée inexorable des nombreuses troupes Ottomanes.

Par chance la vallée encaissée permet au français de couvrir une grande partie de la ligne de front. Le déploiement est complété par une seconde ligne très en retrait composée d'arquebusiers à cheval et de cavalerie de choc afin de bloquer tout débordement fatal à l'infanterie au centre..

Benogoud vient motiver ses bachibouzouks !

L'aile gauche ottomane composée de troupes variées et rapides

Le centre avec ses janissaires précédés des bachibouzouks !

La première ligne de cavalerie de l'aile droite Ottomane

Les manœuvres de débordement des ottomans à gauche et le contre français à droite !
A droite le choc est inéluctable, il faut tenir, alors chargeons !

les archers Ottomans s'expriment...

et la cavalerie de choc français doit charger pour se dégager


A droite, bloqués par le bois  les ottomans n'ont pas pu exploiter leur nombre

A gauche, les Gardes du Corps français tiennent le front le temps qu'arrivent les arquebusiers

Au centre, le feu français soutenu par l'artillerie décime les bachibouzouks
Le centre décimé, les ailes ottomanes commencent à refluer le Marquis peut enfin faire avancer son centre pour se rabattre sur les ailes !

l'avance du centre français pour prendre en tenaille les ailes ottomanes

Dernières charges, et c'est la rupture des troupes de Benogoud !


Au final, les troupes ottomanes ont totalement implosé au contact des rugueux français. Le terrain en profondeur n'aidant pas, les troupes plus mobiles n'ont pu exploiter leur vitesse et leur nombre pour finalement butter sur les contres-charges françaises ou le tir ravageur au centre, fortement aidé par la batterie d'artillerie judicieusement placée et les feux de brigade.

Ne pas connaitre le type de troupes, surtout face à une armée nombreuse, est vraiment un challenge passionnant.
La prochaine rencontre sur un champ de bataille ouvert (terrain en largeur et nom en profondeur) permettra sûrement à Benogoud d'exploiter pleinement la vitesse et le nombre des Ottomans qui ne renoncent jamais. Et là, ce sera une autre histoire !

Et le plus important, après de nombreuses batailles, c'est le plaisir de jouer à Tercios qui est toujours intact. Les scenarii et la variété des armées y sont aussi pour beaucoup.



mercredi 31 août 2016

Drachenland, fin de partie


This is the end... il est temps de révéler au lecteur attentif quelques rares secrets du Drachenland !
Car comme l'été et toute bonne chose... il faut un mot de FIN.

C'est alors que les couleurs sont hissées, la surprise est totale car ce n'est autre qu'une bergerie de la  
Guilde des Fromagers Affineurs du Appenzell Helvétique !
La GFAAH qui exporte son légendaire fromage dans le monde entier !
Oui, le secret de fabrication est bien gardé et tout est produit dans ce monde souterrain,
 sans que personne en surface ne s'en doute.


Partiellement rassuré, Doctor Djons préfère tout de même rebrousser chemin afin d'éviter un incident 
diplomatique en étant accusé du vol de la recette du légendaire fromage d'Apenzell.



Entouré par la brume des fromageries de la GFAAH les soldats népalais sont pris d'assaut par des idées de recettes à base de pain en forme de galette... et de fromage mais un éclaireur britannique qui vient de les repérer leurs fait signe pour qu'ils rejoignent le reste de l'expédition.

Trahison, à la surprise des hommes de Nassir les britanniques, comme possédés leurs tendent une embuscade !

Retranchés sur une fine ligne de crête, les écossais fous de rage après avoir trop inspiré de brume des fromageries ouvrent le feu sur leurs anciens alliés qu'ils dédaignaient depuis trop longtemps.


Doctor Djons n'a que le temps de traverser les lignes des népalais pour s'enfuir vers l'accès au Drachenland
 afin de pouvoir relater la fin de cette expédition ! Pendant que les hommes de Nassir se ressaisissent et 
partent à la charge des derniers écossais retranchés et rendus agressifs par la brume... ou l'air du Drachenland.

Une petite stèle sans nom marque l'emplacement de la fin dramatique de la première expédition britanique au Drachenland. Nul ne sait ce que vont devenir les hommes de Nassir qui ont décider de s'enfoncer plus encore dans ce monde surprenant (non sans s’approvisionner au passage de fromage de GFAAH en quantité suffisante !).


Longue vie au Drachenland, il y aura toujours des aventurières & aventuriers curieux pour visiter tes contrées mystérieuses.

RIP


Et pour jouer des aventures dans le Drachenland vous pouvez utiliser toute règle d'escarmouche traitant de la fin du XIXème siècle période coloniale aux règles Pulp de années 20 ou 30 !

Mais pour des parties en solo avec une ambiance de films d'aventures pourquoi ne pas utiliser la version de base gratuite  Chain of reaction ou ses versions pulp/coloniales parfaites pour ce genre de projets :



















et comme clap final, pour les fans d'Ed T., quelques couvertures vintages de règles de THW pour Drachenland histoire de terminer en beauté la parenthèse estivale et reprendre des posts plus "historiques" !
THW vintage couv'