lundi 4 novembre 2019

Jouer espagnol période Napo (2/2) : présentation de l'armée 28mm

Suite et fin de la présentation des espagnols à l'époque du 1er Empire avec la revue des troupes période de transition le tout en en 28mm, histoire de faire honneur à leurs chapeaux si distingués. Ces troupes correspondent en partie à celles qui ont combattu lors de la bataille d'Albuera 1811 que nous avons rejoué à la LEL 2018.

Avant tout, rendons à César ce qui appartient à César. A savoir que les figurines ont été peintes (en plus des portugais et britanniques non représentés ici pour des questions évidentes de tenues non appropriées) par le Psilète. Le tout en un temps record de deux mois histoire d'être près le jour J de la reconstitution ! Et quelle reconstitution, fières d’exhiber leurs nouvelles tenues (notez la faible présence de tenues civiles), les troupes espagnoles se sont couvertes de gloire. L'impartialité du narrateur m'oblige tout de même à  vous signaler que c'est un grande partie grâce à des français trop confiants qui ont mal préparé leur assaut ! Et oui, on ne se méfie pas assez des espagnols et soudain arrive le retour de bâton.

Après ce magnifique premier fait d'arme sans suite, cette armée a finalement rejoint l'écurie du Marius (joueur ibère tendance "et pourquoi pas l'espagnol ?")  pour une seconde vie programmée sur le théâtre d'opérations andalou lors des années 1810-1812. Le prochain objectif en mode reconstitution, n'est autre que la bataille de Chiclana-Barossa 1811 pendant laquelle on retrouve certaines de ces unités et généraux.

Bref, voici venu le temps de la parade, que dis-je, du défilé de ces fiers guerriers:

Les spécialistes du bouton de guêtre nous excuserons pour quelques petites entorses sur les tenues ou drapeaux mais nous préférons toujours privilégier le plaisir de jeu et de la figurine en couleur que l'historicité vestimentaire et organisationnelle à tout prix, surtout si elle est trop difficile à trouver (et de toute manière sujet à débat).

Les principaux couvres chefs de l'infanterie de ligne, collection été 1811 sont représentés, bonnet, shako, "haut de forme", bicorne, bref, la variété est bien là. Les figurines présentées sont :
  • majoritairement des Perry (what else ?), 
  • et pour les plus trapues (plus belles en photos qu'en vrai je trouve, mais c'est vraiment un avis personnel), des Front Rank dans des unités 100% FR, par exemple les gardes et irlandais.  Bin ouais quoi, ils ont été empattés au dépend des autres soldat, résultat il son bien en chaire et les FR sont alors parfaites !
Malheureusement pour nous, à l'époque, les frères Perry venaient seulement d'initier leur série pour les espagnols et les références étaient bien moins nombreuses qu'aujourd'hui... Mais que voulez vous, tout comme le goût vestimentaire celui des gravures de figurines historiques est une affaire personnelle. Et pour moi, en tenant compte de la gravure, la taille, l'originalité, le prix, le service après vente je me me suis tout simplement tatoué "Perry for ever" en espérant que ces freros continuent sur cette lancée le plus longtemps possible !
Dernière précision, n’oublions pas (voir partie 1/2) qu'avec l'armée espagnol, très rapidement le joueur pourra admirer majoritairement ses figurines de face et l'adversaire plutôt de dos. Et oui, ne nous privons pas,  pour une fois qu'on en a l’opportunité, d'admirer béatement son premier rang avec son drapeaux, son tambour et son officier ! C'est bien la preuve définitive que les espagnols méritent le titre de punks avant l'heure ! Il font rien comme les autres.
Et pour preuve, en introduction, voici un petit clin d’œil réalisé par Hät avec une édition limitée de ses boites d'espagnols. Comme quoi le monde de la figurine historique n'est pas totalement dépourvue d'humour et peut parfois nous gratifier de surprises rafraichissantes !
Édition limitée de chez Hät, merci au Chauvinistic blog d'en avoir parlé !
  

Infanterie espagnole (Bataille Albuera 1811)

Division Lardizabal (la Vanguardia), brigade Casinos


Bataillon du régiment de Murcia :
Uniforme blanc, distinctif bleu ciel en bonnet de police. Qui a dit un bataillon tombé du lit ? Bref, à éviter en soirée sauf si c'est ambiance pyjama !




Regimento de Canarias, (Fijo Milicia Provincial de Canarias)
Uniforme marron/gris parement rouge en shako 



Division Lardizabal (la Vanguardia), brigade Gouvea-Casinos

 le 2ème bataillon du régiment de Leon :
Uniforme blanc parement rouge en haut de forme.
Parfait pour sortir en société et se faire remarquer tout en gardant la classe.  Notez que l'on peut même accessoiriser ses escapade festives en agrémentant la tenue avec un plaide négligemment posé sur l'épaule.


Bataillon "j'ai un doute qui peut aider ?" :
Uniforme beige, distinctif jaune en haut de forme.
Tenue parfaite pour ceux qui doivent se rendre à pied aux soirées en passant par les forêts et les champs. Vous ne vous tâcherez pas trop.




Division Zayas, brigade Cruz-Murgeon :

On va pas se mentir, sans ces gars là vous risquez de ne pas tenir longtemps sur le champ de bataille, c'est un must have qui peut redonner un léger sourire en coin passager pendant quelques tours de jeu. 

2 bataillons de gardes royaux :
Uniforme bleu foncé en shako. Bleu sombre mais flashy pour des gardes, on est bien dans le genre petite touche excentricité mais pas trop (la garde a tout de même sa dignité).






2 bataillons d'irlandais :
Uniforme rouge distinctif bleu ciel en shako.
Non, non, ce ne sont pas des suisse mais bière des buveurs de Guinness !





Division Zayas, brigade Polo :

Le régiment de Ciudad Rodrigo:
Uniforme bleu, parement rouge en haut de forme.
Pour ceux qui n'aiment pas le haut de forme avec une tenue blanche pourtant très classe et parfait pour les soirées de ambassadeur, vous avez ici plus de sobriété et de discrétion avec ce bataillon Rodrigo.




Régiment los Imperiales de Toledo :
Marron/gris parement jaune en shako 




Cavalerie espagnole :

Le régiment du roi (del Rey), de la cavalerie de ligne alors que les figurines sont plutôt des dragons
Uniforme bleu en bicorne.




Artillerie espagnole :




Officiers espagnols:





Ce qu'il nous manque et qui viendra avec le temps... ou pas :

Et oui, il reste encore quelques "essentiels" à se procurer pour que l'armée soit complète, disons, autonome,  mais cela risque de prendre un peu de temps :
Les attelages d'artillerie à base de mulets de chez Perry : Iconique, un incontournable


Une voir deux  unités unités de cazadores (légers) pour étoffer l'armée, ainsi que des colonels bien repus


  deux escadrons de dragons jaune pour ajouter un brin de couleur à l'armée :

et pour finir une pincée de guérilla ou des combattants en civils  :


Viva España !
Rendez-vous sur ce même blog pour la suite avec la reconstitution de la bataille de Chiclana-Barossa 1811... le temps de faire une sieste ibérique "bloguistique" qui risques de durer un peu, on est ibère ou on ne l'est pas ;-D




lundi 28 octobre 2019

Jouer espagnol période Napo (1/2)


Avec cet article, nous ouvrons un nouveau chapitre de petits guides (sans prétention, personnels et non exhaustifs) de découverte et de présentation de différentes armées que l'on croise sur nos tables de jeux. L'idée, répondre aux questions suivantes : quelles sont leurs caractéristiques ludiques, à quoi ressemblent  leurs troupes ?
Et pour changer des sempiternelles nations les plus jouées en napoléonien (grenouilles, homards, buveurs de vodka ou mangeurs de saucisses), nous commencerons par nos voisins ibériques qui se sont fait remarquer lors de la guerre d'indépendance espagnole de 1808 à 1814 (aussi connu sous le nom guerre d'Espagne et du Portugal chez les mangeurs de grenouilles  ou Peninsular War chez les homards).

Bien que gratifiant, se constituer puis jouer une armée espagnole, période napoléonienne, tient franchement du sacerdoce. C'est la marque de l’excentricité, du capharnaüm et du charme vestimentaire (uniformes), mais c'est aussi la nécessaire acceptation de contraintes ludiques fortes. N'est pas joueur espagnol qui veut ! Il faut de l'abnégation et ne pas baisser les bras pendant sa quête un peux folle. C'est à ce prix que vous pourrez ressentir une certaine fierté à diriger ces troupes au charme (in)certain, loin des heures de gloire à l'époque où les Tercios espagnols dominaient les champs de bataille.

Le choix de l'échelle est une question de goût, de place, et de moyens nous passerons rapidement sur le sujet en présentant les 2 échelles les plus représentées (28mm & 15mm) qui permettent aux peintres de rentre suffisamment dans le détail (désolé pour les adeptes du 10mm et du 6mm, et puis je n'ai pas de photo en 6mm ;-D ).
êtes-vous plutôt espagnols 1811 en 28mm...

... ou plutôt espagnols 1808 en 15mm ?

Quels sont donc ces joueurs qui se sont lancés dans l'aventure ?  :

On peut croiser une variété de personnes qui apprécient d'aligner cette armée sur les tables de jeux dont les suivants sont parmi les plus représentatifs :
A tout seigneur, tout honneur, voici donc le joueur  ma patrie, mon amour. C'est le plus motivé, un lien affectif le relie à l'Espagne et pour lui, pas question de jouer autre chose. Viva España ! L'amour ne s'explique pas, il sera donc souvent un adversaire ou partenaire de jeu sympathique et décontracté. Mais attention aux mauvaises surprises, certains peuvent pousser un peu trop loin leur passion et devenir alors plutôt barbants et surtout désagréables à jouer.

Puis vient le joueur fashion victim. Il aime tellement les tenues et variétés des uniformes espagnols (surtout 1808-1809 car le bicorne c'est la classe) qu'il ne veut pas joueur autre chose. Et puis c'est cool, car rare sont ses condisciples, il est donc presque certain de faire le buzz et se fera un devoir de répondre à toutes les questions que vous vous poserez sur les uniformes et les particularités des troupes espagnols. Chose qu'il s'appliquera à faire avec le plus grande assiduité, n'en doutez pas. Potentiellement l'adversaire le plus agréable mais son niveau de stratège est alors souvent inversement proportionnel à sa joie d’aligner de beaux uniformes variés.
Voici en images (et quelles images), l'exemple même la parade d'une armée peinte par une  "fashion victim" A noter que cette armée couvre justement les 3 périodes d'uniformes des Espagnols (pour le plaisir de la variété) sans volonté d’aligner des troupes ayant combattu ensemble (voir plus bas) :
Armée espagnole mixte pour le plaisir des yeux

Vous croiserez ensuite quelques représentants du type "et pourquoi pas l'espagnol ?". Celui-ci croise plus ou moins par hasard la route d'une armée espagnole. Achat d'armée d'occasion, reconstitution de bataille de la péninsule, besoin de compléter ses Anglais avec des troupes disposées à se sacrifier et terminer en chair à canon... Bref, c'est l'espagnol par occasion, il y va, il verra bien, mais va se débrouiller pour minimiser ses faiblesses et exploiter au mieux ses quelques rares points forts.

Il existe aussi un spécimen, exceptionnel lui. C'est le légendaire joueur masochiste. Celui-là, on ne sait pas pourquoi, mais il aime jouer ce qui est injouable ou presque, il aime les défis perdus d'avance ou presque avec un fort handicape. Il aime se faire piétiner, se faire humilier, se faire rouler dessus et ça tombe bien, l'armée espagnole est taillée sur mesure pour lui... Ce joueur aime perdre et avec de l'espagnol il aura toujours une excuse, même si les dés lui sont favorables. Ses rares victoires seront son seul réconfort et presque une surprise. Accessoirement on peut tout de même le rencontrer avec d'autres armées. Pour se faire remarquer, il jouera toujours les troupes les plus mauvaises ou les pires combinaisons possible, parfois volontairement, parfois par totale incompétence (le masochiste refoulé) mais sans désir de s'améliorer. Attention, à ne pas confondre avec le joueurs sympathique et décontracté pour qui le plaisir est de pousser des figurines sans volonté aucune de gagner. 

Jouer l'armée espagnole, faiblesses & faiblesses :

Ne nous voilons pas la face, à l'aulne des armées période napoléonienne, l'espagnole est classée bonne dernière au général mais également bonne dernière dans presque tous les domaines individuels (infanterie, cavalerie, commandement etc.).
Mal équipée, mal ravitaillée, mal encadrée, mal formée, corrompue, c'est est le cocktail explosif du made in Spain.
Dans ces conditions on ne peut qu'être interpellé par sa capacité historique à renaître tel un Phoenix après chaque défaite, entrecoupée de quelques trop rares coups d'éclat à commencer par la victoire de Bailén en 1808.
Bailén 1808, LA victoire espagnole par excellence *
Guérilla espagnole à l’œuvre... *
Cette capacité à continuer le combat encore et toujours, à harceler et user l'adversaire peu à peu jusqu’à le briser moralement et militairement est sa véritable force. C'est un plus indéniable  pour du jeu stratégique (niveau des armées) ou en campagne au grand plaisir des joueurs patients familiers de guérilla et adeptes de conflits asymétriques. Si pour vous Mongols, Huns et autres peuples des steppes vous procurent un frisson de plaisir, alors vous devriez pouvoir exploiter au mieux cette nation à coup d'actions de guérilla sur les arrières des troupes ennemies trop avancées dans vos terres... Votre force, c'est votre faiblesse reconnue par tous. Vous vous en servirez pour faire bosser les autres nations (comme protecteurs) pour vous  (de préférence les Britanniques et les Portugais) et coiffer les autres au poteau avec vos conditions de victoire en général moins exigeantes. 







   Malheureusement, nous sommes ici plus concerné par les batailles rangées et leur micro déroulement...

Au niveau du jeu  "grand tactique"

Castanos *

vous dirigez une petite armée ou un corps d'armée, les troupes sont modélisées simplement avec une valeur globale (à la rigueur 2) qui permet d'intégrer la combativité, les effectifs, le moral etc. En général les troupes espagnoles sont alors affublées d'une valeur très faible. En gros, elles s'usent vite et ne "frappent" pas fort. Il devient difficile d'effectuer des percées rapides et brutales pour rompre l'armée adverse ou simplement de rester engagé pendant des heures.
 Du côté des généraux, c'est guère mieux, le commandement supérieur est indigent, à tel point que l'on retrouve une part importante de généraux étrangers (Reding) ou descendant d'étrangers déjà implantés  (Blake, Lacy...), surtout dans les premières années de la guerre. L'activation et la manœuvrabilité de vos troupes va fortement laisser à désirer.  Déployez vous de manière à ne pas vous faire surprendre et si possible doublez (seconde ligne) par des réserves toute votre ligne de front.
 L'armée implique alors un jeu souvent défensif où il faudra s'accrocher à du terrain qui permettra de gagner des bonus de manière à réduire l'écart lors de la résolution des combats avec les adversaires. Heureusement, à cette échelle l'armée espagnole est souvent en soutien d'une armée anglaise avec de nombreuses troupes de qualité ou de chocs qui pourrons compenser votre faiblesse. Choisissez vos, combats, ne vous engagez pas trop tôt et faites-vous petit (laissez le français se concentrer sur vos alliés plus dangereux dans un premier temps).


 Avec des systèmes de jeu "tactiques"

Zayas *
vous dirigez une division ou une brigade, les carences de l'armée espagnole sont alors encore plus criantes.
 Coté encadrement, rares sont les chefs qui tiennent la route, même à cet échelon,  mais il en existe quelques-uns de correctes (par opposition à la norme qui est évidement de qualité mauvaise voir pire, ne l'oublions pas). Il faudra alors les utiliser au mieux, de préférence sur les points chauds. Ne lésinez pas, certains sont charismatiques et permettent de recevoir des bonus au moral ce qui rend leurs troupes plus résilientes. N'oubliez pas que votre force c'est votre faiblesse, l'adversaire prendra rarement le temps de préparer ses assauts et voudra faire vite, si à ce moment-là vous arrivez à casser son tempo et le contrarier dans l’exécution de son magnifique plan (qu'il pensait comme tel), alors il risquera de se déconcentrer et commencera peut-être à faire des erreurs...


 Coté troupes, si l'on excepte les gardes, voir les grenadiers et les régiments étrangers, l'infanterie est faible et versatile. Encore une fois, il faut l'ancrer dans du terrain pour lui permettre de résister suffisamment longtemps. Les jeux tactiques permettent de détailler les valeurs de combat rapproché, de tir, de moral, d'effectifs etc. Leur faible entraînement, réduira drastiquement la capacité de manœuvre et de tir.
Avec la  notion de moral/cohésion, les unités espagnoles vont souvent rompre sans combattre (moral faible) à la suite d'un test malheureux après un tir ou à la simple vue de de troupes amies adjacentes en fuite (phénomène particulièrement frustrant pour le joueur non prévenu/débutant qui se sentira dépossédé de sa capacité de faire mieux que les protagonistes historiques).
  En parties avec budget les troupes espagnoles sont alors souvent plus nombreuses (logique car plus faibles donc avec un coût d'achat réduit). Mais le nombre ne permet pas forcément de compenser la qualité. Les pertes sont souvent calculées à l'unité et non pas au budget, vos pertes risquent d'arriver plus rapidement (le moral, toujours le moral) et donc de peser plus lourdement que celles de votre adversaire. Sans oublier que pour réaliser un assaut majeur avec succès il faut avoir des troupes de chocs, "manœuvrantes", et soutenues par de l'artillerie ou de la cavalerie. Faire des dégâts importants rapidement dans un espace réduit est l'alpha et l'oméga des attaques de percée réussies.

La encore, l'Espagne se fait rattraper par une cavalerie composée de troupes indigentes et en sous-effectifs chroniques aux chevaux faméliques (lorsqu'ils existent). Bref, exit la cavalerie de choc. Et en matière d'effectifs réels c'est plutôt limité.
LE faux ami : C'est beau... mais pas efficace ! *

C'est moche hein ? on vend du rêve là. Reste la dernière arme clé de la période napoléonienne, l'artillerie.
 Celle-ci est à peine mieux lotie, équipements disparates (calibres, origines diverses des canons)..., mobilité faible (attelages de mules voir de bœufs). Bref, oubliez les manœuvres de l'artillerie à cheval française capable d'accompagner un assaut de cavalerie ou des relocalisations rapides de batterie d'artillerie. Il ne vous reste plus que quelques artilleurs de ligne mais qui pour le coup peuvent rappeler ceux de l'armée russe avec un certain acharnement à tenir leur batterie. Placer correctement son artillerie devient alors essentiel si l'on veut qu'elle serve, les joueurs XVIIème siècle (en particulier de Tercios) connaissent très bien cette situation. et c'est une des clés pour les joueurs espagnols. 
Accrochez vous au terrain, à vos canons... et ne lâchez rien ! *
C'est pas avec des mulets qu'il va être facile de déplacer vos canons... (Perry) *
 
Dans les règles tactiques, vous croiserez donc souvent des modificateurs ou compétences comme ci-dessous :
- versatilité de l'infanterie (la valeur de moral ou de combat est définie à la hausse ou à la baisse par un jet de dé lors du premier combat de l'unité) ,
- puissance de feu de l'infanterie et capacités de tirailleurs réduites,
 - faible manœuvrabilité et commandement limité,
- quelques rares chefs charismatiques pour remonter le moral,
- cavalerie lente (mal équipée) avec des unités de petite taille manquant parfois même de bonus de choc,
- artillerie lente mais parfois un bonus pour la combativité.

Dans ces conditions, quelle période est privilégiée par les joueurs  ?

On lâche rien et on se bat ! *

On peut définir trois grandes périodes espagnoles : 

1808-1809 ou les beaux gosses,
1810-1811 ou les fiers pouilleux,
1812-1814 ou un début de remise à plat vestimentaire... mais pas totalement faut pas déconner on est espagnol !

   L'armée type beaux gosses (période 1808-1809) :

La majorité des joueurs se constitue des armées de type début de période (1808-1809). À  base de  bicornes et de beaux bonnets à poils de grenadiers, c'est l'armée qui a du style vestimentaire à la mode fin d'Ancien Régime. Se faire piétiner oui, mais on reste chic et classe en toutes circonstances, légèrement débraillé avec sa barbe de 3 jours, un point c'est tout. Ah si, on compte aussi un peu sur ses mercenaires étrangers plus efficaces, que sont les suisses et les irlandais.
Les suisses *

La ligne *
Les légers *
La cavalerie *

Une seconde partie de joueurs préfère se concentrer sur des Espagnols moins haut en couleur de fin de période (1812-1814)

 avec de nouveaux uniformes moins variés, colorés ou clinquants à base de simples shakos et vestes bleues. Des troupes légèrement plus aguerries et entraînées souvent utilisées comme des supplétifs au service de Sa Gracieuse Majesté. Le cœur de l'armée est est tout juste espagnol et souvent la présence britannique est alors très marquée.

L'infanterie de ligne 1812 *
Sans oublier la guérilla !

Pourtant, entre ces deux styles vestimentaires bien connus et relativement bien présents dans le monde du jeu d'histoire, l'armée espagnole a vécu une période de transition (1810-1811) où elle se cherchait...

 avec un grand mélange de tenues de circonstance entre autres à base de chapeaux type haut de forme (top hat/round hat) ou de bonnets de police.  Bien sûr on y trouve également de nombreuses tenues civiles, des uniformes marron à base de fournitures britanniques ou des restes des années précédentes pour certaines unités. Bref c'est le joyeux bordel, la punk attitude des armées. Étonnement, on voit assez peu ces uniformes (ou non uniformes) sur nos tables de jeu et c'est bien dommage. La documentation "uniformologique" très parcellaire y est sûrement pour beaucoup mais en contre partie permet une certaine liberté de réalisation de vos unités.
Mais fans de 28mm et d'espagnols soyez heureux, les frères Perry ont commencé une magnifique série d'espagnols pour ces années de doute vestimentaire. Il y a maintenant de quoi se monter une armée complète alors n'attendez plus. Au besoin, Eagles et Front Rank ont également de quoi combler certaines lacunes mais attention en composant les unités, tout ne se marie pas à la perfection, en particulier les Front Rank plus trapues.
Infanterie 1811 *
Infanterie en tenue marron *
Infanterie *

Cette armée de transition, c'est justement celle qui a combattu à Albuera (1811) et que nous allons vous présenter, avec moult photos, dans la seconde partie de l'article du blog sur nos fières espagnols !

Viva España !



Ces photos sont récupérées sur internet via les moteurs de recherches (en particulierchez  minaturas militares), si elles sont couvertes par des droits particuliers (nous ne sommes pas familier de ces règles et procédures), vous pouvez contacter l'auteur du blog affin de les faire retirer. Nous vous présentons par avance nos plus plates excuses.

1808 1809 : Magnifique non ? et c'est sans parler des grenadiers, mais nous on va se diriger ver l'année 1811 *