mardi 1 août 2017

Bataille de Hünersdorff, Imagine-Nation Tricornes & Dentelles (Black Powder)



1755, quelque part entre le Rhin et le Danube du côté de Hünersdorff, charmante bourgade bordant la rivière Dünhbach et traversé par la route menant au Chiaraz...
 
A la tête de ses troupes hétéroclites, le jeune et ambitieux général  Peter von Shwartz, aussi dit le terrible, s’est lancé à la poursuite de l’arrière garde des Impériaux du général Löwental
Ce vieux roublard vient justement de recevoir 2 batteries d’artillerie de la réserve d’armée lui permettant enfin de livrer un combat d’arrière-garde plutôt que de devoir décrocher sous couvert de sa cavalerie à chaque menace de l’ennemi. L’affrontement frontal avec son poursuivant bien trop pressant est donc inéluctable.

Prenant Hünersdorff comme pivot, les Immaculés (surnom donné aux troupes impériales tout de blanc vêtues) se doivent de couvrir la route de repli au Nord ainsi que celle à l’Ouest au-delà du pont menant vers le conté de Chiaraz.
Ceci dans le but de protéger les lents chariots (bagages et butin) de l’armée Impériale en pleine manœuvre de désengagement du théâtre des opérations.  
Sur son flanc gauche, l’armée Impérial est postée à l’orée d’un bois. En avant du dit bois la colline permettant de dominer et contrôler la plaine proche du village de Vorhünnerdorff  par lequel déboule au son des fifres et tambourins l’avant-garde du VFS.  

Si les Impériaux, sans perdre de route de retraite,  tiennent la colline incontestée ils gagnent une petite victoire stratégique, s’ils prennent la colline et le village de Vorhünnerdorff alors c’est une victoire stratégique majeure.

Pour les Alliés l’affaire est simple, Victoire stratégique éclatante s’ils prennent les 2 routes (Nord et Ouest), victoire stratégique mineur pour la prise d’une seule des  routes de sorties.

Tout autre résultat est un résultat stratégique indécis (les chariots et bagages ont-ils eu suffisamment de temps pour se mettre hors de portée ?) avec une petite victoire tactique pour celui qui inflige le plus de pertes à l’ennemi (le double de troupes éliminées, l’artillerie comptant triple) ou une grande victoire tactique en cas de déroute complète de l’ennemi.

En bon Impérial, le général Löwental déploie donc sa cavalerie lourde d’élite masquée derrière le bois et une brigade d’infanterie accompagnée d’une batterie d’artillerie pour prendre la colline de manière à bloquer l’avancée des alliés.
Prudemment, des pandours sont affectés à Hünersdorff afin de couvrir les axes de replis. Objectif, gagner du temps pour l’armée principale et ses fourgons trop lents.  

Ce dispositif est couvert par une grosse réserve composée d’une brigade d’infanterie en ordre de marche, et d’une batterie d’artillerie déployée. Sur l’extrémité du flanc droit, en couverture du pont donnant sur la route Ouest,  une dernière brigade de cavalerie de dragons et hussards  soutenus par un magnifique régiment de cuirassiers n’attend qu’un signe du patron pour contrecarrer toute velléité de débordement des troupes hétéroclites du VSF. L'homme pour commander de telles troupes ? Rien de moins que le Duc de Benoistt, homme de guerre à la réputation sans tâche ayant combattus les armées du Grand Vizir !


Bien éclairé par son avant-garde, le général Shwartz décide de contester et conquérir immédiatement la position clé de la colline avec sa brigade d’élite de réserve composée de grenadiers soutenus par les 2 batteries d’artillerie postées en retrait. Le flanc droit de cette audacieuse manœuvre doit être  appuyé par la brigade de cavalerie de choc du chevalier Jean-Marc Saint Georges !

Afin de pouvoir exécuter avec la plus grande célérité sa manœuvre, Shwartz laisse l’occupation de la plaine à la charge du général de brigade hessois von Beck. Le centre occupé par l’infanterie, le flanc gauche est couvert par la seule brigade de chevaux légers hessois augmenté d’un régiment de cavalerie lourde. Libre à lui de fixer autant d'immaculés qu'il peut pour laisser le temps à Swartz de faire sa manoeuvre d'enveloppement.
Flanc gauche des Alliés sous les ordres de von Beck

Ce plan audacieux et risqué repose entièrement sur la vitesse d’exécution et l’espoir de rompre le flanc gauche impérial par la prise de  la colline pour ensuite battre un à un ses adversaires immaculés réputés moins mobiles. Pire, Si la cavalerie du VFS échoue dans sa confrontation face aux cuirassiers, alors l’ennemi aura un accès sur les arrières des alliés et pourra facilement transformer l’ensemble de la journée en cuisante défaite de l’impétueux Shwartz !   

 Ce déploiement compact a d’ailleurs surpris les hommes en blanc les obligeant à réagir pour rapidement prendre la colline au prix d’un large espace sans troupes au centre du dispositif défensif ! En contrepartie, ce premier mouvement avec la prise de position est une belle réussite et laisse augurer des temps difficiles pour le VSF dont le plan a rapidement été éventé.

Echaudés, la réponse des alliés ne se fait pas attendre et les troupes progressent pour contester les hauteurs, grenadiers et cavalerie lourde en tête. Peter Shwartz se retrouve dès l’ouverture de la bataille sans une seule réserve pour colmater une brèche ou exploiter un assaut réussi... L'homme est joueur diraient certains détracteurs !
Premiers échanges de feu bien timides, chacun attends le moment judicieux pour une meurtrière volée initiale

Les Hessois, après un premier mouvement de marche satisfaisant s’emmêlent pathétiquement les pinceaux dans leurs manœuvres. N’est pas homard qui veut ! L’éloignement du général en chef qui les abandonne à leur propre sort face à des troupes plus nombreuses n’a pas plu aux hommes du rang malgré les invectives des brigadiers, von Beck en tête !

De son côté, la cavalerie britannique fait des miracles. Sûrement la gnôle trouvée dans le village de Vorhünersdorff qui les fait combattre comme des diables face aux cuirassiers autrichiens totalement dépités par temps d’audace couronnée de succès insensés. Leur général, le chevalier J.M. de Saint-Georges, obséquieux et servile au possible, s’applique à méthodiquement et scrupuleusement les ordres de son général en chef adoré Shwartz, qui lui-même est ravis d’avoir un gentilhomme aussi attentif à son service !

Tout le contraire de cet irritant hessois, austère mangeur de Wurst, donneur de leçons et  qui n’arrive même pas à convenablement déployer ses hommes apeurés par la présence d'un ennemi trop proche. Suprême insulte, le déploiement enfin réalisé finit par grandement masquer le tir de l’artillerie alliée. Ce Beck, histoire de lui apprendre le respect, l’humilité et la préséance, on ne l’invitera pas aux prochaines soirées dansantes de l’archiduchesse de Frontania.

Pour les immaculés les choses se sont corsées, le changement de stratégie et les nouveaux ordres mettent du temps à arriver, les aides de camps, de jeunes nobles de la cour sont clairement des plus doués pour conter fleurette que pour diriger des troupes.
Une brigade d’infanterie parvient tout de même à se déployer en avant de Hünersdorff et ainsi délivrer des salves de bienvenue aux hessois bien trop regroupés.

La colline devient naturellement  le centre d’âpres échanges. Les cavaleries lourdes se percutent sans retenue en un choc monumental qui finira par outrageusement tourner à l’avantage du VSF. En ce jour, le dieu de la guerre avait choisi son camp !   Le chevalier J.M. de Saint-Georges en frise encore sa moustache de joie !
Alors que Löwental,  le commandant en chef des immaculés  porte tout son désespoir, et finalement son deuil, sur son visage !


Les cuirassiers d’élite, fierté de son armée, n’ont pas tenu face à la furia montée des cavaliers de Saint-Georges et finissent par concéder le flanc gauche de l’armée. Laissant ainsi les pandours en plein terrain dégagé à la merci des cavaliers survivants mais épuisés du VSF. Au centre de la colline l’infanterie immaculée retarde difficilement l’inéluctable repli face à l’agressivité des grenadiers du VSF, fer de lance de l’attaque du général Shwartz.

Pour contrecarrer cette hardie manœuvre, Löwental cherche à rapatrier ses réserves stationnées en couverture d’Hünersdorff et donc devenues inutiles.  La manœuvre ne donne que des résultats mitigés. Ce n’est pas faute de motivation du commandement car le Duc de  Benoistt  daigne, sans rechigner, s’impliquer pleinement dans l’application des ordres. Une partie des troupes encore en formation de marche défile comme à la parade derrière le premier rang pour combler le trou béant laissé entre les troupes parties vers la colline et celle restée au village de Hünersdorff.

 Du côté des troupes montées l’incompréhension est en revanche de rigueur. Ces manœuvres ne semblent  pas à leur goût, obnubilées qu’elles sont d’en découdre avec la brigade de cavalerie légère hessois en face d’eux. 


Le feu roulant des immaculés sur les hessois commence à faire son effet, les troupes sont maintenant hésitantes, elles n’ont pour la plupart pas encore tiré un seul coup de feu, cherchant à s’approcher au plus près pour libérer un premier feu meurtrier de plus en plus hypothétique !

Le Margrave von Beck est obligé de faire un roulement  des troupes en première ligne pour éviter de perdre tous ses hommes sans avoir combattu.  

 La cavalerie hessois est-elle plus hésitante encore et rechigne à venir couvrir ses frères d’arme piétons. C’est qu’en face 2 brigades de cavalerie et une batterie d’artillerie n’attendent qu’une chose, les croquer avant de se rabattre sur le reste de l’armée. Par chance, La rivière procure une couverture du flanc hessois obligeant les immaculés impériaux, malgré leur surnombre,  à attaquer de face et par vagues successives leur faisant ainsi perdre du temps. Et tout bon général le sait, à la guerre, la seule chose qu’on ne peut reprendre, c’est le temps !
Incroyable résistance des hanovriens qui tiennent au moral (11 ou 12) !

Sur la colline, la persévérance des cavaliers VSF porte ses fruits, après les cuirassiers et les pandours...
  c’est au tour de l’artillerie de se faire piétiner de flanc, et ce malgré la farouche résistance d’un jeune capitaine de batterie enthousiaste et plein d’allant, fier de pouvoir enfin porter sur le terrain la tenue immaculée,  Phil’ Lippsbourg !
Alors qu’au centre de la colline, les deux généraux en chef s’affrontent frontalement à coup de charges à la baïonnette pour un King Off the Hill de tous les dangers. Malheur au vaincu !
 
Le temps des échanges de feu est également révolu sur le flanc hessois et ceux-ci en profitent pour charger pendant qu’il est encore temps alors que la réserve de cavalerie des impériaux cherche désespérément son chef pour entrer dans la danse !
 Il n’est jamais trop tard, les cavaliers impériaux ont enfin donnés à pleureuses reprises ! Mais le dieu de la guerre est décidément VSF en ce jour, malgré de nombreuses pertes les anglais en soutien, des hessois résistent sur place, et même la pourtant quelconque cavalerie légère hessois tient la dragée haute aux magnifiques et terribles hussards impériaux !

  Si les hessois sont proche de la rupture, le général Shwartz  n’a pas de doutes concernant sa brigade d’élite qui repousse et détruit le centre ennemi attaqué de toute part.
Même les derniers dragons légers anglais, pourtant  au bord de la rupture, seulement porté pars leurs victoires précédentes, sont de la curée !

C’en est terminé de la belle arrière garde impériale. Le mauvais tempo et les espaces ouverts bien trop important entre les différentes troupes n’ont donc pas évité l’écrasement par concentration. Certaines troupes impériales n’ont même pas tiré un coup de feu alors que d’autres ont pourtant eu des succès locaux, il est vrai, souvent au détriment des hessois commandés par votre humble rédacteur.
Et pourtant, et pourtant, une résistance plus longue des cuirassiers impériaux, une action plus agressive et plus appuyée contre les troupes hessoises et la physionomie de la bataille en eu été toute autre, et qui sait, peut-être même une victoire stratégique à la fin ! 

Le léger avantage stratégique des impériaux pour la campagne (les bagages ont probablement été sauvés du pillage) est contrebalancé par les fortes pertes (dont 50% de l’artillerie) et permettant aux alliés de revendiquer une victoire tactique mineure faisant la une des journaux au grand plaisir de Peter von  Shwartz, conforté dans sa rôle de général en chef pour la suite du conflit.
Pour les curieux, vous trouverez la genèse de la partie dans le post suivant.

Discussions post bataille... avec le classique "Et si"...

9 commentaires:

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    1. Merci, et puis on méritait bien un petit CR pour ce retour à BP ;-)

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  2. Encore un bon CR, agréable à l'oeil et bien complet ! Une marque de fabrique.

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    1. Thank you Esmbel, nos tables sont moins travaillées que celle de vos projet alors on compense avec un peu d'ambiance pour les CR !
      D'ailleurs vous n'avez pas essayé BP pour un de vos projets ? C'est une règle relativement simple à pratiquer et qui permet pas mal de bidouillage.

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  3. Une bataille épique servie par un compte rendu superbe, j'adore! Ajoutons à cela que ces figurines méritent à elles seules de venir flâner par ici...Magnifique!

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    1. Merci Phil'un jour faudra nous donner ton secret pour faire autant de CR originaux et complets sur le blog des rifles. Nous on peine à en pondre un de temps en temps tellement c'est chronophage. :-D
      Concernant les figs effectivement, elles sont magnifiques bien que ce soit du 15mm de différentes marques qui plus est soclé très densément. Malheureusement, armé seulement de mon smartphone je n'arrive pas à leur rendre hommage avec des gros plans. Elles ont toutes été peintes par Tizizus il y à déjà une dizaine d'années, encore merci pour lui.

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    2. Un grand merci à toi pour ces compliments, même si le mot "complet" est exagéré...je fais souvent un aspect historique léger, tellement, tu as raison, c'est chronophage. Je trouve sincèrement que le rapport que tu as fais est bine plus complet...Bref, encore bravo à toi et à Tizizus!

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