mardi 18 septembre 2018

M&S, partie de test 3, Combat de retardement en 1808

Retour à notre projet de règle Napo avec la dernière bataille utilisant le système sous sa forme initiale (à base de 2D10 avec des relances).


Pour ce troisième test de mise en application, le but consistait à se faire une idée d'ensemble de la règle pour une première synthèse à mis parcourt du projet. Temps de jeu global et par phases, redondance de certaines actions, actions  inutiles, prise en main par les joueurs, fluidité, adhésion et prise d'autonomie des joueurs etc.

La partie jouée "Combat de retardement", une sorte de Roliça 1808, première phase (position) de la bataille, reposait sur une attaque du camp A (les anglais) face à la défense de terrain puis décrochage du camp B (les français) en 9 tours max.
L'attaquant britannique doit prendre pied sur une colline en pente douce (2 points de victoire par unité sur la colline (pente douce) à la fin de la partie, 1 point par unité ennemie en fuite ou détruite), alors que le français doit ralentir l'ennemi puis décrocher (sortir de table sur son front) à partir du tour 6 pour gagner 2 points de victoire par unité sortie en bon ordre et 1 point par unité ennemie détruite.
 Français : 4 bataillons d'infanterie expérimentée, 1 bataillon de vétérans et un petit régiment de cavalerie légère de vétérans.
Britanniques : 4 bataillons d'infanterie expérimentée, 1 bataillon de légers vétérans, 3 compagnies de rifles indépendants, une batterie de 2 sections d'artillerie à cheval (4 pièces de 6 £) et un petit régiment de cavalerie de qualité quelconque.

Le français se déploie en premier jusqu'à la limite du bord de la colline (milieu de la table de jeu), l'anglais entre par le bord opposé comme il l'entent (terrain plat derrière lui avec le reste de l'armée en soutient).
Les Français de Delaborde en pleine satisfaction (c'est à l'anglais d'attaquer un petit plateau)
Nos français se sont donc confortablement installé en ligne au bord de la colline avec le bataillon de vétérans légèrement en retrait et la cavalerie sur le flanc gauche plus ouvert. Fraichement débarqué des navires de guerre de sa Majesté, plein de confiance, le général anglais fait avancer ses troupes sans grande cohésion. L'infanterie au centre avec les légers sur la droite, la batterie d'artillerie sur le flanc droit et la cavalerie en seconde ligne sur le flanc droit pour compenser le danger que peut représenter la cavalerie française.
Avance britannique vers les positions défensives des français 
Après une première approche où les tirailleurs britanniques ont fait leur travail la volée d'une ligne française fauche littéralement 20% des troupes du bataillon britannique le plus avancé qui se retrouve même dépourvu de la compagnie du 60ème rifle venue couvrir le front du bataillon en marche
Lourdes pertes pour les anglais littéralement fusillés à bout portant (joie des français par cette inversion des rôles ! )
Vue globale avant les fatidiques premières mêlées !
 Fidèles à leur réputation de ces années de début de l'Empire, les français appliquent 15 minutes après l'arrivée des britanniques et à leur grande surprise, l'adage bien connu, "la meilleures défense c'est l'attaque".
Approche sur l’aile de la cavalerie française à la surprise des anglais !
La cavalerie française charge les vétérans de la 2ème KGL light espérant les surprendre avant une mise en carré.
Les dragons légers doivent intervenir pour contrer les hussards français
La cavalerie britannique est obligée de contre charger (avec succès) pour éviter une chevauchée fantastique dans les rangs britanniques par sont homologue française.
Les cavalerie usées rétrogradent
Ce magnifique mouvement d'une seule unité permet aux français de mettre la pression à leurs adversaires obligés de réagir, donc d'utiliser leurs ordres en réaction pour 2 unités plutôt que selon leurs besoins un à un. A noter qu'avec la main sur l'initiative, les français ont obligé l'ennemi à activer en premier réduisant d'autant la liberté de manœuvre de l'attaquant forcé maintenant de réagir plutôt que d'agir. Seule petite hombre au tableau, après avoir repoussé les cavaliers anglais sans les avoir fait rompre, le hussard ne s'est pas suffisamment replié (le mouvement post combat est partiellement aléatoire) et reste ainsi toujours sous le feu des tireurs britanniques qui vont le consumer à petit feu.

Dans la foulée, l'assaut du bataillon anglais aborde enfin la colline mais est logiquement repoussé par la belle tenus de la ligne français qui le domine.
Impuissant, le bataillon anglais aborde la pente...
Pire, le bataillon déjà fortement affaibli des feux bien dirigés rompt et part en fuite sous les hourras des français euphoriques. Malheureusement pour eux, parti de loin les feuillards parviennent à se faufiler entre les 2 bataillons de la seconde ligne sans y mettre le désordre. L'important consiste alors à maintenir la pression sur des anglais bien fragilisés.
... brisé dans son élan, le bataillon anglais part en fuite !
La fuite des anglais traversant leur seconde ligne !
Et c'est ce qui va se passer. La seconde brigade française, irritée par les tirs d'artillerie décide de réagir et profiter de cette supériorité numérique française sur le flanc droit accentué par la fuite du bataillon anglais au centre du dispositif. 
Progressant en ligne le plus rapidement possible, un premier bataillon s'avance face à l'artillerie alors que le second à l'aile entame une manœuvre d'enveloppement accentué par un double mouvement de sa ligne à la vitesse d'une colonne (petit erreur de lecture des distances).
L'artillerie met à mal le bataillon face à elle mais ne parvient pas à le faire rompre !
Les français quittent leur position pour faire taire cette provocante batterie mal protégée !
Sur le flanc gauche en revanche, les choses se dégradent pour les français qui suite à des feux de rifles particulièrement efficaces font rompre les hussards qui ne parviennent pas à reformer leurs rangs et disparaissent du champ de bataille laissant l'aile gauche sans protection à la merci de l'incursion opportuniste des dragons léger britanniques qui se sont reformé et ont avancé !

L'initiative (malgré un bonus de +2) pour les français est passé maintenant à plusieurs reprises du coté anglais lui permettant de réaliser une première action de sauvetage toujours décisive. Encore une fois, l'artillerie dangereusement flanquée peut en réussissant une activation double parfaite de fuir avant l'assaut de l'attaque de flanc ou de face des français pour se relocaliser sur les arrières hors de portée.
La situation devient critique pour les anglais du flanc gauche
Pendant ce temps, le bataillon restant anglais tente de ralentir l'avance française qui est maintenant complète avec ses vétérans en colonne d'attaque qui ont repoussé les tirailleurs. Mais une salve de feu décisive parvient à les repousser !

Le flanc gauche subie maintenant toute la supériorité numérique anglaise, les dragons léger affaiblis s'infiltrent sur les arrières obligeant un bataillon à se retourner pour leurs tirer dessus sans grand résultat (car unité tirant en désordre). Les légers et le bataillon de seconde ligne en profitant pour avancer et lui tirer dans le flanc maintenant exposé.
Tout peut encore basculer

La ligne anglaise parvient à se réorienter avant l'assaut des français et grâce à la présence de son général de brigade repousse in extrémis la charge française.
Le général attaché au bataillon permet à celui-ci de ne pas fuir !

 A droite l'attaque ralentie également, les vétérans subissent de plein fouet un tir d'artillerie par l'espace ouvert entre les lignes anglaises et fuient sans pour autant se disperser.
Le repositionnement parfait de l'artillerie va sauver la journée des anglais...

C'en est trop pour des français exténués et bien éloignés de leur ligne de retraite. Bien que magnifiquement engagé, la bataille a basculé au moment clé du coté britannique lorsque le flanc droit s'est affaibli et que le flanc gauche n'a pas réussi complètement à rompre les habits rouges qui ont, il est vrai, été fortement aidés par les résultats heureux au moment fatidique (initiative, test de cohésion et.).
Fuite du bataillon d'élite français et débordement de son aile droite pour le final


Débriefing de la bataille et implications :

La règle d'ordre du général de brigade comparé à ceux de ses troupes est sympa et oblige le joueur à faire des choix pour avoir un bonus d'activation sur ce qui est important et subir un malus dans le cas contraire. Le dosage n'est pas encore optimum mais le principe est validé. Seul petit problème, dans un système où l'on active unité par unité alternativement, l'adversaire connait dès l'activation d'une première troupe le statut global de la brigade adverse. A voir à l'usage si cela favorise "l'effet hélicoptère".

Quelques questionnement de situation et de feeling :
l'artillerie à cheval s'est aussi retrouvée particulièrement puissante avec son attelage/dételage gratuit (tout de même fortement aidée par la chance il est vrai).
Coté charge aussi, quelques discutions (possibilité de charger une autre unité si cible a réussi son carré hâtif ?

Ces questions peuvent être prises en compte mais 2 autres points plus problématiques font jour. 

Pour le type de règle que nous recherchons à créer (fast & fun), la durée des tours joués est beaucoup trop longue. 
L'une des causes est le système d'activation alternatif par unité
A ce titre, l'utilisation de 2D10 avec un certain nombre de relances (de réussites et/ou d'échecs) pour un test (d'activation, de résultat de mêlé, de cohésion) selon la situation du joueur me semble préjudiciable.

Pour la prise en main rapide et la compréhension rapide des mécanismes, re belotte.
Les choix faits à l'origine du projet à base de 2D10 :
aucune réussite = échec ;
réussite sur un seul dé = réussite partielle (ex : une seule action)  ;
réussite sur les 2 dés = réussite complète (ex : 2 actions, ou une action bonifiée)
ainsi que la mise en application des résultats (un tableau de situation de base, des bonus/malus faisant monter ou baisser de paliers ; des relances pour des réussites ou pour des échecs) ont rendu la prise en main bien trop complexe à maîtriser pour un jour occasionnel.
Pour le plaisir et le souvenir, voici un exemple de l’ancien système :
Exemple de test de moral ancien système (valeur à atteindre sur chaque D10)
Exemple de procédure de tir ancien système (sélection du contexte)
Suite exemple procédure de tir ancien système (Valeur à atteindre sur chaque D10)

 Le point positif de ce constat d'échec est que nous avons réussi à simplifier le mécanisme en le basant sur un seul D10 avec des modificateurs (bonus/malus) ce qui le rend maintenant plus intuitif.
La prochaine partie commentée sur le blog en tiendra compte et c'est ce nouveau mécanisme que nous présenterons à la 10ème convention des Dragons de Vaires le 24 novembre 2018. L'accès est gratuit et le visiteur peut y découvrir et jouer (en plus de Mousquet & Shako) différentes règles de jeux d'histoire qui y seront présentées. Le tout dans une ambiance conviviale et ludique, à ne pas louper. 


5 commentaires:

  1. Très belles figurines et très belle bataille...la revanche française se prépare déjà, j'en suis sûr!

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    1. Oui, le scénario français en défense change un peu la donne (même si ce n'est pas évident pour le français en sous nombre) et va être rejouer histoire d'équilibrer un peu mieux les conditions de victoire. L'impatience française de partir à l'assaut plutôt que de désengagé et engranger les points de victoire m'a également surpris. Rien de dramatique, nous en somme encore aux tests et à l'équilibrage de la règle.

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  2. On trouvais le tps long , du coup on est venu chercher l'anglais

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    1. C'est le problème avec les anglais en attaque, ils aiment tellement la formation en ligne qu'ils ne sont pas assez rapide pour croiser le fer ;-)
      ... Sauf le bataillon des exaltés qui en rentré chez lui après son assaut catastrophique ^^.

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