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lundi 29 juin 2026

Rencontre impériale en 1812 [Valour & Fortitude]

 1812, campagne de Russie quelque part à l’avant-garde de la Grande Armée est en pleine poursuite du repli stratégique forcé entamé par l’armée du Tsar…

 

Russie, 1812, 2 empereurs, mais qui emportera le hameau ? 

 Restée depuis 2024 au fond de mes dossiers inexploités, cette belle partie en forme d’hommage, est la dernière que nous avons partagé avec Math’ & JM, deux de nos éminents joueurs Napo 28mm dont le premier déménagea dans la foulée pour s’exiler dans des contrées plus humides et le second qui, un an plus tard au printemps 2025, déménagea également mais, dans son cas, vers des contrées bien plus sèches et ensoleillées !

Math’ & JM, manquent, et manqueront au club F&S, non seulement pour leurs belles figurines 28mm Napo (et autres périodes), mais aussi et surtout par leur présence, leur disponibilité, leur enthousiasme tout en retenue, leur amabilité et disponibilité sans faille qui est l’apanage de véritables et rares gentlemen comme l’on peut parfois avoir l’honneur et la chance d’en croiser autour d’une table de jeu. Trêve de flagornerie, passons aux choses sérieuses !

 

C’est donc dans ce contexte des plus simples que nous avons joué au printemps 2024 une bataille fictive de rencontre entre, une armée française sous le commandement de Napoléon (Math’) secondé par le Maréchal Murat (Le Suisse) et une armée russe d’arrière-garde galvanisée par la présence du Tsar en personne (JM) épaulé par PY son futur successeur à la tête des armées russes. Le but ? que chacun des 4 joueurs puisse aligner ses figurines Napo en 28mm le tout avec une règle suffisamment simple (en l’occurrence Valour & Fortitude v2 de mémoire), et que, pour ne pas perdre trop de temps, nous avions tous déjà pratiqué (voir par exemple la bataille du Brabant 1814).

Le plan de la Grande Armée

 Objectif, en ce début de la campagne 1812, l’arrière garde russe doit stopper (voir repousser) la poursuite trop agressive de l’avant-garde française emmenée par un Murat des grands jours. Pour ce faire, le Tsar décida de se porter à l’arrière garde afin de galvaniser ses troupes dont il est si fier.

Le lieu de la rencontre, en pleine étendue marécageuse, un obscur hameau au centre d'un vallon escarpé traversé en son centre par l'unique route (chemin de terre à peine carrossable) qui semble mener en direction de Moscou. A droite et à gauche du hameau, deux fermes viennent encrer une ligne défensive à la limite du vallon et permettre ainsi de bloquer et retenir une avant-garde ennemie trop agressive. Malheureusement pour les russes, Murat est déjà en vue du dit hameau que les deux armées veulent donc chacune le plus rapidement occuper…

Pour la bataille, les points de victoire sont les suivants :

Tenir le hameau central vaut 2 points de victoire

alors que tenir chaque ferme sur les ailes vaut 1 point de victoire par ferme.

Pour les plus ambitieux, la déroute de l’armée adverse reste une autre possibilité de victoire

Simple et efficace comme nous le disions.


L'état Major discute des derniers détails du plan d'attaque... Et Napoléon indique l'objectif !

Côté français, après une observation consciencieuse du terrain, le conseil de guerre sous la houlette de Napoléon en arriva rapidement au plan suivant :

 La clé de la réussite étant la capture et l’occupation des habitations, il était clair que prendre les 3 objectifs tenait de l’arrogance mal placée face à des russes accompagnés de leur légendaire artillerie. Du côté droit du village un terrain très difficile en particulier pour la cavalerie permettrait d’y positionner des troupes légères destinées à harasser et provoquer les russes. Puis, un espace ouvert conséquent et dégagé jusqu’à la ferme du flanc droit permettrait des manœuvres aisées de la cavalerie avec une colline légèrement en retrait et bienvenue pour y masquer si nécessaire une brigade de cavalerie et ainsi réduire le poids du feu de l’artillerie russe. 

 

Sur le flanc gauche, le terrain était lui moins dégagé et plus réduit entre le hameau et la seconde ferme. Idéal pour des français qui en étaient plus proches. 

 

Décision fut prise de capturer promptement le hameau central, d’en protéger le flanc droit avec des tirailleurs pendant que le flanc gauche, mené par une infanterie légère à son extrème pointe allait capturer la ferme tout en engageant par le feu les russes regroupés sur tout ce flanc plus ramassé.

Cette glorieuse tâche incomba naturellement à Napoléon qui s’octroya les troupes les plus à même de réaliser cette mission, le tout avec en seconde ligne le bataillon de Neuchâtel pour sécuriser le hameau après sa capture.

 

Murat en grande tenue avec son escorte de cuirassiers !

 

Sur le flanc droit, Murat eu la subtile tâche d’impressionner et ralentir les plus nombreuses infanteries russes en les contrariant si possible dans leur tentative de capture du hameau central mais également de la ferme de droite dont les hommes du Tsar semblaient être plus proches. Une brigade d’infanterie avec des troupes légères lui fût judicieusement affectée par l'Empereur pour capturer et tenir le terrain difficile proche du hameau. 

En réserve, au centre, une brigade de cuirassiers qui devait servir dans un second temps, soit à soutenir et exploiter le mouvement offensif tournant effectué sur le flanc gauche par Napoléon, soit à colmater et ralentir toute progression trop rapide et agressive des russes sur le flanc droit occupé par la cavalerie légère française et ainsi gagner le temps nécessaire à Napoléon de remporter la bataille d’infanterie à gauche et au centre. 

 

La cavalerie légère française sur le flanc droit masquée par la colline

 Et maintenant, place à la bataille !

L’arrivée des troupes et leur déploiement étiré en vue de bloquer toute manœuvre de débordement. Les tirailleurs des deux armées, engagés avant la bataille au centre pour la prise du hameau, se retirent lentement sous la pression des cavaleries respectives et des troupes à pied en formation serrée qui avancent inexorablement vers leur objectif.

 

déploiement étiré avec aile droite française uniquement composée de cavalerie.

 

Aile gauche, les légers français flanques l'armée et s’apprêtent à combattre dans leur terrain de prédilection

 

Aille droite russe légèrement étirée et en sous nombre cherche à sécuriser son flanc avec la prise de la colline

 

Le Tsar, encourage une dernière fois ses hommes depuis la ligne de front 

 

Les grenadiers russes du centre avancent en vue de capturer le hameau de toutes les convoitises !

 

La masse de l'aile gauche russe... qui interprète mal les ordres et reste sur place...

...Sauf la cavalerie légère et les dragons qui partent provoquer Murat et ses chasseurs !

Assaut français sur le hameau...

... sous la protection de l'artillerie et des tirailleurs de Murat qui sécurisent le cimetière du hameau...  

... face à la cavalerie lourde russe gênée par le terrain difficile 

Déploiement de l'artillerie russe sur la colline à droite, l'infanterie au chaud en contre pente... on peut être russe mais prévoyant.

Les français sécurisent la ferme et bloquent la montée des colonnes russes 

Les combats s’étendent sur toute l'aile gauche, avec des cosaques qui repoussent les tirailleurs mais ne peuvent que se replier sous le feu des lignes françaises.

Feux contres feux, à ce petit jeu là, les français plus nombreux et leurs tirailleurs finissent par prendre le dessus

une première charge en colonne des français fait fuir un bataillon russe 

... puis un second bataillon harcelé de toute part... même la batterie de la colline vie ses derniers moments, la messe est dite à gauche, la ferme est définitivement aux mains des français (1 point de victoire)

Au centre, le combat des titans pour la capture du hameau s'engage

... ce qui permet aux grenadiers russes, sous le regard ému du Tsar, de prendre le hameau par la force !

Les assauts français se fond repousser à deux reprises !

... mais le poids du nombre fait jouer sa force, l'usure des russes devient critique

L'empereur engage sa réserve, les suisses de sa garde, les canaris de Berthier !

... et le hameau tombe enfin aux mains des français !

Au centre les russes doivent reculer, même la cavalerie lourde est obligée de se relocaliser pour protéger le flanc droit d'une déroute annoncée... 


On ne lâche rien ! 2 points de victoire pour la Grande Armée 

avec la possession du hameau central en fin de bataille 



Dans la plaine sur l'aile droite française

Les russes à la manœuvre

Deux bataillons pour la prise de la ferme sur le flanc droit des russes.


Avance agressive de la cavalerie russe venue contester la grande plaine aux français

Napoléon doit réagir, il décide de faire entrer sa réserve de cavalerie lourde à l'aile droite pour contester la plaine et ralentir toute progression russe. L'aide de camp se met de suite en route !

 

Pas de perte de temps, la réserve est déjà presque entièrement disponible à l'emploi, Murat trépigne.




Le combat de cavalerie s'annonce imminent, les chasseurs français couvrent le déploiement de la cavalerie formée pour une charge par vaques successives sur les russes.

La charge de plusieurs régiments français fait son effet !

Les hussard russes doivent intervenir pour laisser du temps au bataillons d'infanterie de se former en carrés

Le 5ème hussard est à la pointe de la charge !

Les cosaques fuient mais les hussards russes ne sont pas mis en déroute, ils ont par leur bravoure donnés le temps nécessaire aux fantassins de se former en carrés !


Place aux cuirassiers dont le succès est limité à la suite d'un subterfuge de la cavalerie russe. Mais la ferme n'est toujours pas occupée par les russes dont l'armée est maintenant mal en point. 

La victoire sera française (3 points de victoire à 0) les russes se retirent en bon ordre et se dirigent vers Borodino pour un match retour qui sera titanesque dans tous les sens du terme.

L'Empereur Napoléon-Mathieu après sa belle victoire regarde déjà ses cartes pour de futures conquêtes... 

... alors que PY reste chez Figurine & Stratégie, le club du KB, et prend la relève du Tsar JM à la tête des armées russes sur les tables 28mm Napo. Ainsi va la vie des clubs de jeux d'histoire, des nouvelles recrues arrivent et peu a peu s'installent comme des membres actifs et finissent par à devenir des vielles moustaches de F&S ! 

Que le jeu et l'histoire soit avec vous pour de nombreuses batailles à venir, merci à vous pour tous ces moments partagés


mardi 8 août 2023

Il était une fois, la prise du château Samouraï

 Pour cet article estival du Marius, un programme allégé et tout en douceurs exotiques avec cette bataille entre Samouraïs consentants pour la capture du fort beau fort de notre hôte Pierre, lors d’un WE 100% jeu pour cette occasion. L’objectif, pousser des grosses unités en masses, à plusieurs joueurs, et dans la bonne humeur sans oublier, à petite dose, la mauvaise foi de rigueur.

6 participants donc, par équipes de 3, autour d’une table 28mm japon médiéval avec une adaptation des mécanismes Black Powder (plus précisément sa version Pike & Shotte), pour jouer vite sans avoir à faire trop de retours aux règles. A ce propos, le Marius doit confesser qu’il n’y connait rien en matière de japon médiéval avec pour simple référence, les films d’Akira Kurosawa (dont les 7 samouraïs, la forteresse cachée et Rashomon que nous vous conseillons évidement sans modération si vous êtes un cinéphile averti qui serait passé à côté). 

L’extension Samouraïs  pour Pike & Shotte est accessible gratuitement en téléchargement sur cette page de Warlord :  Pike & Shotte Samurai Army

 

Dans ces conditions, faisons simple, avec d’un côté les gentils qui doivent reprendre la place forte de que leur chef vénéré Ludokagushi a malencontreusement perdu aux dés lors d’une soirée trop arrosée de saké à la taverne du village attenant au fort… Comme les méchants étaient costauds, nombreux et ne voulaient pas rendre le fort, Ludokagushi s’est fait épauler par son moine préféré Nikogusha sans oublier Xakushigu le représentant des villageois, le plus mauvais général sur le champ de bataille (normal, c’était le tavernier élu à l’unanimité par le chef Ludokagushi pour lui avoir trop servi de saké).

Face à eux, 3 méchants, forcément, avec le chef Mattushikogo (Matt, notre sympathique invité surprise de l’Hôtel deHercé) qui maintient l’ordre dans les rangs de son armée grâce à ses deux fidèles lieutenants, Pierkaliko son vil bras droit et et Jenmykogo, cousin éloigné tout juste de retour d’une razzia, pardon, campagne militaire, glorieuse.

Objectif simple, reprendre le fort et essayer de ne pas se tromper en jouant les unités (par exemple ma meilleure unité, de mémoire des samouraïs, avait en plus de ses qualités de corps à corps, des capacités de tir que j’ai totalement zappé en regardant ma feuille d’unités).  

Vous l’aurez compris, pas d’analyses tactiques, d’explications de règles ou autres commentaires techniques, juste pour vos yeux les photos contextualisées à déguster sur votre transat de plage ! 

 

Le village et son auberge, cause de tous les désagréments (dernière maison de gauche)

Le champ de bataille, déploiement initial avec entrée progressive de certaines troupes

 

Mattushikogo, le grand méchant, bien retranché dans la forteresse

La maitresse de maison nullement déboussolée par toutes ces armées de samouraïs !

2 des futurs vainqueurs décapités pour l'occasion, histoire de ne pas voir leurs sourires narquois.

Avance compliquée des villageois mal commandés vers les rizières du haut... déjà occupé par l'ennemi Jenmykogo qui  a rapidement pris position en prévision de la razzia.

L'aile (pas l'ile) aux moines, Nikogusha le moine contre Pierkaliko, l'âme damné du grand méchant

Aile droite sortie du village, Jenmykogo attend fermement, disposé derrière les rizières, les villageois désordonnés de Xakushigu

2 méchants d'un coup, à ce moment là, les affaires allaient bien pour les méchants Mattushikogo et Jenmykogo et leur bande de pilleurs assoiffés de saké.

Moines photogéniques en action

Coté village, ça se bat les pieds dans la rizière à la mode 7 Samouraïs de A. Kurosawa, les paysans sont repoussés mais ne cèdent pas.

Au centre aussi, entre le fort et le temple, Ludokagushi &  Nikogusha croisent le fer avec les hommes de Mattushikogo & Pierkaliko bien décidés à punir leurs adversaires

La cavalerie de Ludokagushi, supportée par les tireurs de Xakushigu, cherche à écraser le centre de Mattushikogo qui fanfaronne encore à la tête de ses hommes

Coucou, c'est nous ! La porte du fort est maintenant entrouverte, les gentils vont-ils conquérir la place avant la tombée de la nuit ?

Derniers combats à gauche, les moines épuisés tiennent encore vaillamment le temple !

A droite, les cultures de riz sont détruites mais les villageois repoussent les pillards et les samouraïs daignent enfin sortir leurs arcs. L'hiver risque d'être difficile à passer.

Mais dans un sursaut final, Ludokagushi parvient enfin à reprendre le fort et capturer les derniers guerriers retranchés dans la tour (c'est mieux que de terminer rôtis).

Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent pas seules, Ludokagushi disloque ce qu'il reste du centre de Mattushikogo. Comme dans toute belle histoire, ce sont les gentils qui gagnent à la fin ... et se retrouvent à la taverne pour raconter leurs exploits devant les paysans ébahis... mais bientôt affamés ! Oui, le riz de la rizière manquera lors de la prochaine récolte, ce sont toujours les mêmes qui malheureusement en pâtirons.

Cette aventure ludique, que dis-je, ce conte au pays du japon médiéval nous rappelle qu'il vaut bien mieux pousser des figurines où la seule conséquence est de subir le sourire compatissant des vainqueurs du jour.

A bientôt, pour de nouvelles histoires au pays du jeu d'histoire !